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<title>Stéphane Lehr - photo journaliste : <![CDATA[ Le Yémen d'Al Qaeda ]]></title>
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<description>Stéphane Lehr - photo journaliste</description>
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<copyright>Copyright 2010 Neuro-Graph.com</copyright>
<lastBuildDate>Tue, 01 Jun 2010 18:51:00 +0200</lastBuildDate>
<category>A la une</category>
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	<title>Stéphane Lehr - photo journaliste</title>
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	<description>Stéphane Lehr - photo journaliste</description>
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	<description><![CDATA[ Une fois &eacute;puis&eacute;s les sujets qui f&acirc;chent, le cheikh, fid&egrave;le &agrave; l&rsquo;hospitalit&eacute; locale, m&rsquo;invite ensuite &agrave; d&eacute;jeuner en compagnie de ses fils. Les plus jeunes sont &eacute;tonn&eacute;s de me voir partager leur succulent repas assise par terre. Un hamburger est pos&eacute; avec discr&eacute;tion &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi. Je suis touch&eacute;e par le geste. Mais je pr&eacute;f&egrave;re la saltah ! La conversation devient plus l&eacute;g&egrave;re. Il me demande ce que je connais de l&rsquo;islam. J&rsquo;avoue que, une fois les cinq piliers r&eacute;cit&eacute;s, j&rsquo;ai des lacunes. Il est tout de m&ecirc;me surpris qu&rsquo;une infid&egrave;le les connaisse. Je le questionne &agrave; nouveau : &laquo; Avez-vous voyag&eacute; en Occident ? &raquo; Avec un visage &eacute;coeur&eacute;, il me r&eacute;pond : &laquo; Ces pays sont pornographiques&raquo; Il est temps de quitter le cheikh Al-Raimi. Celui-ci va faire ses ablutions : en tant qu&rsquo;imam, il doit &ecirc;tre le premier en bas, dans sa mosqu&eacute;e. Je le laisse &agrave; son pr&ecirc;che, o&ugrave; les mots Isra&euml;l, yeoudi (&laquo; juif &raquo;) et America sont plusieurs fois r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, avec rage. <br />
<br /> ]]></description>
	<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 05:08:02 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1034</link>
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	<description><![CDATA[ <strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>:  Que pensez-vous des femmes engag&eacute;es par l&rsquo;arm&eacute;e y&eacute;m&eacute;nite ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  Ah, c&rsquo;est haram [&laquo; p&ecirc;ch&eacute; &raquo;] ! Dans notre sainte religion, les femmes nous les prot&eacute;geons. Leur place est &agrave; la maison, elles s&rsquo;occupent des enfants, nous les estimons beaucoup. C&rsquo;est pourquoi jamais elles ne doivent prendre les armes. C&rsquo;est un non-sens.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> :  Pourtant, il ne vous a pas &eacute;chapp&eacute; qu&rsquo;un bataillon de 54 femmes vient d&rsquo;&ecirc;tre mis en place par l&rsquo;arm&eacute;e ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  C&rsquo;est injurieux pour ces femmes !<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> :  Mais puisque les membres d&rsquo;Al-Qa&iuml;da se servent du niqab pour se d&eacute;guiser en femmes et que seule une femme peut en fouiller une autre, c&rsquo;est l&eacute;gitime non ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  Non. Nous les Y&eacute;m&eacute;nites sommes suffisamment forts pour nous battre contre tout ennemi. Ce sont les Occidentaux et plus pr&eacute;cis&eacute;ment les Am&eacute;ricains qui ont impos&eacute; ce gadget !<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> :  Donc vous pensez qu&rsquo;une femme militaire ne peut pas &ecirc;tre une bonne musulmane ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  Vous savez, ces filles qu&rsquo;ils ont recrut&eacute;es viennent de familles non croyantes. Jamais un bon p&egrave;re n&rsquo;accepterait que sa fille porte une arme. &raquo;<br />
<br />
Le cheikh Al-Raimi ne s&rsquo;exprimera pas sur le gouvernement. Trop risqu&eacute; ces temps-ci : parmi les trois cheikhs salafistes en vue, il y a le tr&egrave;s m&eacute;diatique Abdulah Majeed Zindani et Hussein Omer Mafhouz. Ce dernier a fait de la prison pour des propos jug&eacute;s &laquo; trop provocateurs &raquo;.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 05:05:52 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1033</link>
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	<description><![CDATA[ Le lendemain, je dois rencontrer le cheikh salafiste Majeed Al-Raimi. Il est l&rsquo;un des trois religieux &agrave; pouvoir &eacute;ventuellement servir d&rsquo;interm&eacute;diaire entre l&rsquo;organisation terroriste et le gouvernement de Sanaa. Mon chauffeur de taxi est surpris quand je lui demande de me conduire dans le quartier de Faj Attan, &agrave; la mosqu&eacute;e Sanaa Bin Mua&rsquo;ath. L&rsquo;entretien a lieu au premier &eacute;tage dans le rituel salon y&eacute;m&eacute;nite. Je ne porte pas le niqab, simplement une longue robe noire et un voile sur mes cheveux. Le cheikh Al-Raimi a un visage doux. Sa large barbe lui conf&egrave;re un air protecteur. Mais ses yeux noirs ne trompent pas sur sa haine de l&rsquo;Occident. Quand je lui demande ce qu&rsquo;il pense d&rsquo;Al-Qa&iuml;da, sa r&eacute;ponse me glace : &laquo; Quoi ? Qu&rsquo;y a-t-il de mal avec Al-Qa&iuml;da ? &raquo; Il m&rsquo;explique combien ce mouvement, dans sa formation, n&rsquo;a rien de r&eacute;pr&eacute;hensible, puisque son nom signifie &laquo; la base &raquo;. Par cons&eacute;quent, selon lui, c&rsquo;est une volont&eacute; religieuse qui domine cette organisation. Apr&egrave;s, bien s&ucirc;r, il ne partage pas les actions perp&eacute;tr&eacute;es par l&rsquo;organisation. Quelques-uns de ses fils nous rejoignent.<br />
<br />
Apr&egrave;s les pr&eacute;sentations, l&rsquo;ambiance s&rsquo;assombrit. Le fils a&icirc;n&eacute;, robe blanche, longue barbe noire, ne dissimule pas son hostilit&eacute;. Il reste cependant silencieux pendant toute l&rsquo;interview. Son p&egrave;re commencen &agrave; montrer des signes d&rsquo;irritation, bient&ocirc;t &agrave; son comble quand je lui demande quelle serait sa r&eacute;action si les troupes am&eacute;ricaines d&eacute;barquaient. <br />
Le cheikh Al-Raimi sourit, reste calme, mais sa voix cristalline laisse percer sa col&egrave;re : &laquo; Notre religion nous oblige &agrave; nous battre contre des troupes &eacute;trang&egrave;res, car c&rsquo;est de l&rsquo;occupation. On doit donc les combattre ! &raquo; Sa r&eacute;ponse ne me surprend pas. R&eacute;cemment, plus de cent cinquante dignitaires y&eacute;m&eacute;nites ont sign&eacute; une fatwa contre toute arm&eacute;e qui souhaiterait venir aider le gouvernement. <br />
Pour le pr&eacute;sident Saleh, en place depuis de longues ann&eacute;es, la t&acirc;che n&rsquo;est pas ais&eacute;e. On trouve, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, un peuple farouchement oppos&eacute; &agrave; tout intervention militaire internationale et, de l&rsquo;autre, les &Eacute;tats-Unis insistant fortement pour pr&ecirc;ter mainforte. &Agrave; ce jour, seuls quelques experts am&eacute;ricains apportent un renfort strat&eacute;gique. Mais cette ann&eacute;e, Washington a annonc&eacute; une aide de 70 millions de dollars. Un cadeau empoisonn&eacute; pour le pr&eacute;sident Saleh&hellip; <br />
<br />
Je pose ensuite quelques questions sensibles en rafale. Le cheikh Al-Raimi r&eacute;pond du tac au tac.<br />
<strong><br />
Val&eacute;rie Dupont</strong> : &laquo; Mais si les Am&eacute;ricains viennent, c&rsquo;est pour combattre contre Al-Qa&iuml;da ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  C&rsquo;est quoi le probl&egrave;me avec Al-Qa&iuml;da ? La question n&rsquo;est pas de savoir si je les aime ou pas ! Ceux qui ont commis des crimes doivent &ecirc;tre jug&eacute;s ! Si cette organisation commet des crimes, on n&rsquo;a pas besoin des troupes am&eacute;ricaines pour les juger. Notre pays est un pays souverain !<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> :  Que pensez-vous des pays occidentaux ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi </strong>: Ces pays soutiennent Isra&euml;l dans son occupation de la Palestine. Ou encore ils combattent les talibans. Qu&rsquo;ont fait les talibans pour &ecirc;tre combattus ?<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> :  Que pensez vous d&rsquo;Oussama Ben Laden ?<br />
<strong>Cheikh Al-Raimi</strong> :  Oussama Ben Laden est un des hommes les plus religieux dans le monde islamique. Parfois, il fait des erreurs, mais pas toujours. Cet homme a une grande connaissance de l&rsquo;islam. Une de ses meilleures actions, c&rsquo;est d&rsquo;avoir combattu les Russes en Afghanistan. Et une de ses erreurs, cesont les attentats de Manhattan et du Pentagone en 2001.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 04:58:27 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1032</link>
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	<description><![CDATA[ Vendredi matin &agrave; Sanaa&hellip; J&rsquo;attends dans le hall de l&rsquo;h&ocirc;tel d&eacute;sert. Je porte le niqab int&eacute;gral. Je vois sans &ecirc;tre vue. Et, m&ecirc;me si je ressens cette impression de prison corporelle, je sais que je ne le porterai qu&rsquo;une journ&eacute;e. Je me sens aussi prot&eacute;g&eacute;e des regards, &laquo; invisible &raquo;, c&rsquo;est agr&eacute;able, surtout pour une journaliste. Arrive un &laquo; ami &raquo;, celui qui doit me montrer Alrabh, la zone o&ugrave; se trouvent certains membres d&rsquo;Al-Qa&iuml;da. L&agrave; o&ugrave; l&rsquo;arm&eacute;e a bombard&eacute;, il y a quelques semaines. Pour qu&rsquo;un &laquo; non-Y&eacute;m&eacute;nite &raquo; puisse sortir de Sanaa, il faut un travel permit. Seules certaines zones sont ouvertes. En ce qui concerne Alrabh, il est formellement interdit de s&rsquo;y rendre. Je pars, accompagn&eacute;e d&rsquo;un photographe, avec cet ami, et un cheikh de la r&eacute;gion d&rsquo;Alrabh, qui conna&icirc;t l&rsquo;emplacement des dix check-points que nous devons croiser. L&rsquo;arm&eacute;e change r&eacute;guli&egrave;rement la place de ses barrages de contr&ocirc;le, par pr&eacute;caution.<br />
<br />
Il faut rouler &agrave; peine 100 kilom&egrave;tres pour &ecirc;tre dans la zone. Nous entrons dans un village de montagne d&eacute;sert, rocailleux. Des enfants jouent devant des maisons traditionnelles en piteux &eacute;tat. Ici, on est loin de l&rsquo;ambiance chaleureuse de Sanaa. Apr&egrave;s d&rsquo;&acirc;pres n&eacute;gociations, j&rsquo;obtiens l&rsquo;autorisation d&rsquo;aller dans la pi&egrave;ce o&ugrave; les hommes m&acirc;chent le qat (herbe coupe-faim, l&eacute;g&egrave;rement hallucinog&egrave;ne). Avant d&rsquo;y p&eacute;n&eacute;trer, on me met en garde : pas de questions qui puissent les heurter. Car, ici, les femmes ne leur adressent pas facilement la parole. Je sens mon ami mal &agrave; l&rsquo;aise d&rsquo;&ecirc;tre dans ce village. Il me dit de faire vite. J&rsquo;entre dans un salon typiquement y&eacute;m&eacute;nite, une salle rectangulaire &eacute;troite, avec des coussins accueillants pour tout meuble. Des hommes en tenues traditionnelles m&acirc;chent tranquillement leur qat. Ma pr&eacute;sence ne semble pas les g&ecirc;ner, mais je sens que je ne suis pas la bienvenue. Je pose deux ou trois questions sur la pr&eacute;sence d&rsquo;Al-Qa&iuml;da. J&rsquo;obtiens des regards condescendants, voire hautains. Le chef me r&eacute;pond calmement : &laquo; Al-Qa&iuml;da n&rsquo;est pas notre probl&egrave;me. Nous sommes des bergers. Ce qui se passe ailleurs ou &agrave; Sanaa ne nous regarde pas, on est tranquilles ici. &raquo; Le message est clair. Mais je ne r&eacute;siste pas &agrave; l&rsquo;envie de lui poser une autre question : &laquo; Et si les Am&eacute;ricains d&eacute;barquaient, quelle serait les r&eacute;actions ? &raquo; Mon ami traduit et, tout &agrave; coup, l&rsquo;ambiance se d&eacute;tend : &eacute;clat de rire g&eacute;n&eacute;ral&hellip; &laquo; Si les Am&eacute;ricains viennent, on prendra tous les armes ! &raquo; r&eacute;pond le chef. Je sens alors comme un malaise, il est temps de partir. Je recouvre mon visage des trois voiles pr&eacute;vus par le niqab int&eacute;gral. Plus du tout dr&ocirc;le ! Ce matin, c&rsquo;&eacute;tait un d&eacute;guisement. Je ressens maintenant toute la violence de cette &laquo; prison &raquo; . Au retour, nous repassons la dizaine de check-points. Je n&rsquo;accorde plus un regard au monde ext&eacute;rieur. De toute fa&ccedil;on, rev&ecirc;tue de mon niqab, je &laquo; n&rsquo;existe pas &raquo;. Arriv&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel, je comprends mieux cette fois le d&eacute;ploiement de s&eacute;curit&eacute; qui filtre les entr&eacute;es dans l&rsquo;enceinte du building. <br />
Un sas relativement impressionnant est install&eacute;. Une dizaine d&rsquo;agents v&eacute;rifient sous la voiture. Le coffre doit &ecirc;tre ouvert et un d&eacute;tecteur de TNT est pass&eacute; sur la carrosserie ! Oui, le niveau de s&eacute;curit&eacute; est &eacute;lev&eacute; &agrave; Sanaa. Et, oui, il y a des raisons. Al-Qa&iuml;da s&rsquo;installe.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 04:54:00 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1031</link>
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	<description><![CDATA[ <strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Comment avez-vous &eacute;t&eacute; engag&eacute; par Al-Qa&iuml;da ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : J&rsquo;ai adh&eacute;r&eacute; &agrave; l&rsquo;organisation apr&egrave;s un long processus de djihad. J&rsquo;ai commenc&eacute; mon entra&icirc;nement en Bosnie, en Somalie puis au Kirghizstan. C&rsquo;est l&agrave; que se trouvait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque cheikh Oussama Ben Laden. Il avait entendu parler d&rsquo;un groupe de bons musulmans et a souhait&eacute; nous rencontrer.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : C&rsquo;&eacute;tait en quelle ann&eacute;e ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : 1996.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Combien de temps &ecirc;tes-vous rest&eacute; avec Ben Laden ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Quatre ans.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Pourquoi l&rsquo;avez-vous quitt&eacute; ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : J&rsquo;ai surtout quitt&eacute; l&rsquo;Afghanistan, car ma femme &eacute;tait malade, apr&egrave;s avoir demand&eacute; la permission &agrave; cheikh Oussama Ben Laden. Il me l&rsquo;a accord&eacute;e.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Il &eacute;tait malade &agrave; cette &eacute;poque ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Non, il &eacute;tait en bonne sant&eacute;, m&ecirc;me en meilleure sant&eacute; que les jeunes.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Vous l&rsquo;aimez toujours ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : En tant que personnalit&eacute;.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Ca veut dire quoi ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : J&rsquo;aime l&rsquo;homme. Et je fais la distinction avec le r&eacute;seau d&rsquo;Al-Qa&iuml;da, ce n&rsquo;est pas la m&ecirc;me chose.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : C&rsquo;est quelqu&rsquo;un de bien ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Il est une personne &laquo; id&eacute;ale &raquo;.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Un bon musulman ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Un bon musulman et un exemple pour les jeunes.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Combien &eacute;tiez-vous pay&eacute; en tant que garde du corps ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Rien. Rien du tout.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Vous travailliez gratuitement ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Le fait de prot&eacute;ger cheikh Oussama Ben Laden &eacute;tait pour moi une obligation religieuse, comme je fais la pri&egrave;re ou le je&ucirc;ne. C&rsquo;&eacute;tait &agrave; la fois un grand honneur et mon devoir de musulman.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Aujourd&rsquo;hui, le Y&eacute;men est-il la nouvelle base d&rsquo;Al-Qa&iuml;da ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Non. Cette id&eacute;e vient des Europ&eacute;ens, qui exag&egrave;rent. Il y a quelques membres. Mais la plupart sont en Afghanistan, en Somalie, au Kirghizstan. Cela dit, le peuple y&eacute;m&eacute;nite soutient le mouvement.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Combien Al-Qa&iuml;da dispose-t-il de membres au Y&eacute;men ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Entre 300 et 500 pour les membres actifs. Le nombre de ceux qui les aident dans ce pays, mais aussi ailleurs, est illimit&eacute;.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Cette organisation va-t-elle r&eacute;ussir &agrave; s&rsquo;implanter partout ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Elle a atteint son objectif : combattre les Am&eacute;ricains face &agrave; face. C&rsquo;est ce qui se passe en Afghanistan, en Irak, et bient&ocirc;t peut-&ecirc;tre au Y&eacute;men.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Avez-vous peur pour votre s&eacute;curit&eacute; ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: J&rsquo;ai de bons contacts avec le gouvernement, car je suis sous surveillance (rires). Les int&eacute;gristes peuvent me voir comme un tra&icirc;tre.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Ca vous fait de la peine ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Oui, bien s&ucirc;r. Mais je fais une grande diff&eacute;rence entre l&rsquo;Al-Qa&iuml;da que j&rsquo;ai connu et celui d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les nouveaux membres sont moins instruits religieusement, sans doute la raison pour laquelle ils me prennent pour un tra&icirc;tre .<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Quelle serait la solution pour qu&rsquo;Al-Qa&iuml;da cesse ses actions sur le sol y&eacute;m&eacute;nite ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Pour moi qui conna&icirc;t bien Ben Laden, ce serait de dialoguer avec l&rsquo;ennemi, mais pas directement. Il faudrait des m&eacute;diateurs.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Qui selon vous ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Des religieux. Ils sont de bons m&eacute;diateurs car les jeunes les &eacute;coutent.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: &Agrave; quels religieux pensez-vous en particulier ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Le cheikh Zindani, le cheikh Mafhouz et le cheikh Al-Raimi.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Que pensez-vous du cheikh Al-Raimi ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Il base ses discours sur l&rsquo;id&eacute;ologie. Il apprend de bonnes choses aux jeunes. J&rsquo;&eacute;coute ses cassettes et ses livres. Ben Laden l&rsquo;a rencontr&eacute; une fois en Arabie saoudite. Il lit aussi ses &eacute;crits, &eacute;coute ses cassettes.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Comment se passait une journ&eacute;e avec Oussama Ben Laden ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Jusqu&rsquo;au 11 Septembre, il vivait une vie normale comme les autres, faisait sa pri&egrave;re &agrave; 5 heures, l&agrave; o&ugrave; il habitait, en Afghanistan, &agrave; Kandahar, pr&egrave;s de l&rsquo;a&eacute;roport. On le surveillait en le raccompagnant jusqu&rsquo;&agrave; sa maison. Il exer&ccedil;ait beaucoup d&rsquo;activit&eacute;s sportives, il montait tr&egrave;s bien &agrave; cheval.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Pourquoi avait-il besoin de gardes du corps avant 2001 ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : Il &eacute;tait la cible de certains pays occidentaux ou arabes depuis 1996. Il y avait eu des tentatives d&rsquo;attentat et d&rsquo;assassinat contre lui.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont </strong>: Combien avait-il de gardes du corps ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Une quinzaine.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Avez-vous assist&eacute; &agrave; des pr&eacute;paratifs d&rsquo;actes terroristes ?<br />
<strong>Nasser al-Bahri</strong> : D&rsquo;abord, il ne faut pas dire des actes de terrorisme. C&rsquo;&eacute;tait des actes l&eacute;gitimes, de droit, des actes de r&eacute;sistance.<br />
<strong>Val&eacute;rie Dupont</strong> : Je repose ma question&hellip;<br />
<strong>Nasser al-Bahri </strong>: Je n&rsquo;ai pas particip&eacute; &agrave; des pr&eacute;paratifs. Mais j&rsquo;ai combattu pour Al-Qa&iuml;da.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 04:44:36 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1029</link>
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	<description><![CDATA[ L&rsquo;arm&eacute;e y&eacute;m&eacute;nite connait plusieurs fronts de combats avec bien sur le nord du pays; Le mouvement men&eacute; par Abdul Malek al Houtis, Chef de la secte Chiite Za&iuml;dis, appelle au r&eacute;tablissement de l&rsquo;imamat (direction spirituelle et politique du pays par les imams) Pour l&rsquo;instant l&rsquo;arm&eacute;e y&eacute;m&eacute;nite tient bon. Les soldats avec plusieurs ann&eacute;es de guerre dans les jambes connaissent bien leur m&eacute;tier. Il reste &agrave; esp&eacute;rer que Washington ne fera pas le jeu d&rsquo;Al Qaeda &hellip;en y envoyant ses troupes.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 10:13:19 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1027</link>
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	<description><![CDATA[ Tout au long de mon s&eacute;jour, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; frapp&eacute;e par la gentillesse des habitants, leur hospitalit&eacute;, leurs sourires. Je suis sous le charme &eacute;trange de ce pays. Ici, la dignit&eacute;, le sens de l&rsquo;honneur, de l&rsquo;accueil, sont des valeurs intrins&egrave;ques. Sur le march&eacute;, je suis encore surprise de voir que certains marchands ont d&eacute;cor&eacute; le mur de leurs &eacute;choppes avec des posters de Saddam Hussein. Quand je demande des explications, j&rsquo;ai encore droit &agrave; des rires moqueurs. Et je comprends que le d&eacute;barquement de troupes am&eacute;ricaines ici ne pourrait faire que le jeu d&rsquo;Al-Qa&iuml;da. <br /> ]]></description>
	<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 10:10:22 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1026</link>
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	<description><![CDATA[ Je d&eacute;cide de changer d&rsquo;ambiance. Direction le march&eacute; du qat, tr&egrave;s anim&eacute;,une vraie bonne humeur y r&egrave;gne. Ici, pratiquement tout le monde m&acirc;che cette herbe, hommes comme femmes, m&ecirc;me si c&rsquo;est interdit par la religion. Une v&eacute;ritable plaie pour l&rsquo;&eacute;conomie, qui ralentit &agrave; partir de 14 heures, tant il est difficile de travailler apr&egrave;s l&rsquo;avoir mastiqu&eacute;e. La sant&eacute; en p&acirc;tit &eacute;galement : les femmes enceintes ne se nourrissent pas correctement, et les enfants connaissent des probl&egrave;mes de croissance. Apr&egrave;s y avoir go&ucirc;t&eacute;, je peux dire que c&rsquo;est atrocement amer. Mon d&eacute;go&ucirc;t a d&rsquo;ailleurs provoqu&eacute; des rires. <br /> ]]></description>
	<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 10:04:53 GMT</pubDate>
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	<title></title>
	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1025</link>
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	<description><![CDATA[ Le lendemain, retour &agrave; la cellule antiterroriste, o&ugrave; je suis en effet attendue. Quatre jeunes femmes cagoul&eacute;es, surarm&eacute;es, m&rsquo;attendent avec leur instructeur. Elles font une petite d&eacute;monstration du maniement des armes : la ma&icirc;trise est totale, du grand professionnalisme. Je demande la permission de questionner l&rsquo;une d&rsquo;entre elles. C&rsquo;est Ourad qui est d&eacute;sign&eacute;e. Pendant tout l&rsquo;entretien, en plein soleil, elle garde une posture martiale. La jeune fille, &acirc;g&eacute;e de 19 ans, souhaitait servir son pays depuis qu&rsquo;elle &eacute;tait toute petite. Son temps libre est consacr&eacute; &agrave; &eacute;tudier&hellip; Quand je pose des questions sur Al-Qa&iuml;da, la r&eacute;ponse fuse : &laquo; Pas de commentaire. &raquo; Ourad est froide, ses r&eacute;ponses format&eacute;es et presque r&eacute;cit&eacute;es. Je ne suis pas la premi&egrave;re journaliste &agrave; l&rsquo;interviewer, et elle conna&icirc;t bien sa le&ccedil;on. Seul le sujet de la religion semble la faire sortir de sa &laquo; r&eacute;citation &raquo;. Quand je lui dis que les salafistes consid&egrave;rent qu&rsquo;&laquo; une femme arm&eacute;e, c&rsquo;est p&eacute;ch&eacute; &raquo;, son agacement pointe : &laquo; Ils sont minoritaires ici. Ce qu&rsquo;ils pensent n&rsquo;a pas d&rsquo;importance, la preuve, nous sommes l&agrave;. &raquo; Un &eacute;clair de v&eacute;rit&eacute; surpris dans l&rsquo;enceinte d&rsquo;une base militaire antiterroriste ? En tout cas, je ne suis pas &eacute;tonn&eacute;e quand l&rsquo;instructeur met fin &agrave; l&rsquo;entretien fermement.<br /> ]]></description>
	<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 03:56:24 GMT</pubDate>
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	<link>http://www.stephanelehr-photos.fr/reportages-page10.php#1023</link>
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	<description><![CDATA[ Commence alors la visite de l&rsquo;&eacute;cole. Dans une classe, une instructrice montre comment d&eacute;monter et remonter une kalache. Un jour proche, elles devront savoir le faire les yeux ferm&eacute;s. Tr&egrave;s concentr&eacute;es, les futures polici&egrave;res prennent des notes. J&rsquo;arrive enfin au centre de tir. Quinze jeunes filles attendent avant de s&rsquo;exercer par groupe de trois sur une cible repr&eacute;sentant une femme prise en otage par deux terroristes. Si les tirs ne sont pas encore pr&eacute;cis, les gestes sont s&ucirc;rs et le recul des armes ma&icirc;tris&eacute;. Pour la pr&eacute;cision, les instructeurs m&rsquo;assurent que les progr&egrave;s arriveront vite, les instructeurs y veillent&hellip; <br /> ]]></description>
	<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 06:47:02 GMT</pubDate>
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