Reportage photos réalisé en France.
Gégé, 64 ans, place Roquelaine, clochard depuis 30 ans.
« J’ai bien bourlingué dans la vie. Ancien légionnaire j’ai fait plusieurs fois le tour du monde. J’ai fait parti des anciens putschistes d’Alger. J’ai été peintre, place du Tertre, à Montmartre. Je vous jure que j’ai eu une vie bien remplie et agitée. Mais je n’ai pas su me poser même si j’ai essayé. Car je me suis marié, mais Je n’ai pas tenu… j’étais tellement déprimé que je me suis mis à boire à en perdre la raison. Très rapidement j’ai perdu tous repères et me suis retrouvé dans la rue. Je n’ai jamais pu en sortir. »
Texte: Guillaume Plassais Journaliste
« La semaine dernière, quelqu’un m’a jeté une bassine d’eau sur la tête depuis sa terrasse. Il m’a dit que je sentais trop mauvais et de déguerpir du coin sinon il me ferait ma fête. »
« Je préfère dormir dehors car je me méfie des centres d’accueil : ils sont comme les flics ! Ils ont aussi essayé de m’enfermer dans un hôpital pour me soigner… Et puis il y a tellement de racaille là-bas ; un vrai coupe-gorge. Au moins dehors, je suis tranquille.
J’ai une phlébite qui s’aggrave avec la chaleur et qui m’empêche de marcher. Alors dans ces conditions, impossible de me rendre au restaurant social des Ramiers (à l’extérieur de Toulouse). Ce qui me manque le plus, c’est l’affection de mes proches. La solitude mêlée à l’alcool, c’est un cocktail détonant. »
Sergio, 50 ans, place olivier à Toulouse
« Violence familiale, prison, alcool… Le triptyque classique du gars qui vit dans la rue. Mon père, un ancien militaire, me battait et ma mère était toujours trop ivre pour me protéger. Résultat : depuis l’âge de 13 ans je vis dehors. Comment, diable, voulez-vous que je me fonde dans le moule social après ce départ calamiteux ? J’ai essayé pourtant de m’intégrer, mais rien à faire. Dès que j’étouffe, je prends ma guitare, mon sac et je m’envole. Je suis un grand routard : j’ai traversé toute l’Europe. Je suis claustrophobe et incapable de m’acclimater au confort : on m’a proposé des logements sociaux, mais j’étouffais alors je suis reparti dormir dans la rue. Malgré le danger…
J’ai été plusieurs fois agressé dans la rue. J’ai failli y passer quand trois jeunes marginaux m’ont coincé dans mon duvet et m’ont brisé les côtes à coups de batte de base-ball. Le SAMU m’a ramassé inconscient. Depuis, j’ai deux gros bergers allemands, des cerbères qui veillent sur moi. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
Médecins du monde s’est renseigné pour les faire vacciner auprès de la PASS. Je ne vais jamais dormir dans les foyers, car ils n’acceptent pas les chiens. Alors je préfère renoncer car, sans eux, je suis un homme mort.
Je n’ôte jamais mes chaussures parce qu’on me les piquerait. Mais à force de les garder, les pieds macèrent (surtout l’été) et je sens des picotements qui montent le long des jambes. Je connais un gars qui a eu une gangrène… On a même dû l’amputer. Perdre l’usage de mes jambes serait une grosse tuile pour un routard comme moi.
J’ai un début de cataracte à cause de l’alcool. La manche, c’est le métier qui me permet de vivre, de rester digne et de me payer les repas. Je refuse d’aller au restaurant social : je suis un citoyen et je ne veux pas devenir un assisté ! »
Texte: Guillaume Plassais Journaliste
Reportage photos réalisé en Côte d'Ivoire.
Le conflit armé et l'instabilité politique qui règnent en Côte d'Ivoire depuis septembre 2002 ont provoqué une crise humanitaire qui touche les groupes de population vulnérables. En dépit des progrès réalisés sur la voie de la paix, le conflit continue d'avoir des conséquences sur la population civile.
La Commission européenne a adopté un programme d'aide humanitaire de 5,74 millions d'euros afin de subvenir aux besoins élémentaires des groupes vulnérables touchés par le conflit en Côte d'Ivoire. Les populations déracinées et réfugiées dans les pays voisins bénéficieront également de cette aide d'urgence.
La vaste majorité des réfugiés et déplacés dans le monde sont des femmes et des enfants. La plupart d’entre eux ont fui la guerre, la misère et la violence de leur région d’origine pour trouver asile dans une autre région de leur pays ou dans un État voisin.
La Côte d’Ivoire reste divisée et la situation humanitaire est très fragile. Les objectifs humanitaires consistent à améliorer l’accès à l’eau, maintenir une assistance médicale, et de protéger les plus vulnérables, en particulier les enfants sans familles et les femmes.
L’aide humanitaire vise environ 500 000 personnes déplacées dans l’Ouest du pays.
Reportage photos réalisé en Afghanistan.
Maslakh… Une ville aux portes de la ville, des bicoques de briques et de boue à perte de vue, et quelques 150000 personnes déplacées, regroupées depuis un an dans ce qui serait le plus grand camp de réfugiés du monde. Avec pour seul horizon les montagnes alentour, balayées par la poussière ocre de la sécheresse.
Chaque jour, 200 nouveaux arrivants se font enregistrer à Maslakh, poussés sur les routes par la sécheresse qui sévit depuis 3 ans dans les provinces de Ghor et de Baghdis. Une minorité a elle, fuit les affrontements et les bombardements qui ont, une fois encore, meurtri le pays cet hiver. Récemment, le taux de mortalité a augmenté de façon préoccupante. Avec l'hiver, les infections respiratoires se multiplient; la tuberculose représente un quart des décès enregistrés.
Texte: Mathilde Damoisel Journaliste
Reportage photos réalisé en France.
Selon le rapport l'ERCC (Centre européen pour les droits des Roms), la population de tsiganes installés en France s'élève officiellement à environ 500 000 personnes, bien que ce chiffre soit, selon certaines estimations, plus proche de 1,2 millions. Les communautés plus ou moins grandes des Tziganes européens dont la population est estimée à 8 millions d’individus au moins, sont réparties dans presque tous les Etats européens.
Les Roms sont un peuple européen d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Reportage photos réalisé au Sri lanka.
Le 26 décembre 2004, les côtes sri lankaises ont été ravagées par le tsunami, provoquant la mort de plus de 30 000 personnes et le déplacement à l’intérieur des terres d’environ un million d’habitants. Ces derniers ont trouvé un toit provisoire dans les camps de déplacés. C’est le cas de près de 10 000 familles de la presqu’île de Kinniya, située sur la côte est, à quelques kilomètres de Trincomalee.
Au Central College, le paradoxe s’affiche. Des sourires naissent sur les visages des personnes déplacées malgré le deuil généralisé. La vie tente de reprendre le dessus, avec ses cris d’enfants et ses discussions à l’ombre des bâtiments, malgré la présence, face à l’entrée du camp, d’un cimetière qui rappelle la mémoire des victimes du tsunami. Une femme en sari vert et or lave son linge au puits, entouré par ses quatre enfants qui profitent de l’eau pour se rafraîchir. Au pied d’un arbre, des mères ont installé leurs bébés dans des saris accrochés aux branches afin de les protéger du soleil et de les bercer pour qu’ils s’endorment. Les hommes se retrouvent au poste de police où l’on enregistre les innombrables pertes causées par le raz-de –marée.
Le bilan est lourd. Chaque famille déplore la perte de plusieurs proches et la destruction, partielle ou totale, de sa maison. Les enfants, de leur côté, ont établi leur terrain de jeu au milieu du collège et expliquent qu’ils veulent reprendre l’école « pour retrouver leurs copains ». Un millier de personnes vivent ici depuis la fin du mois de Décembre en attendant que leur sort soit décidé par les autorités sri lankaises.
Texte: Stéphanie Senet Journaliste
Reportage photos réalisé en Indonésie.
Dix-sept mois après le tsunami qui a frappé l’île de Sumatra, l’Indonésie affronte une nouvelle catastrophe naturelle. Un séisme d’une amplitude de 6,3 sur l’échelle de Richter a secoué la région de Yogyakarta, sur l’île de Java, le 27 mai 2006. Six secondes interminables.
Ils surgissent de façon continue dans la cour d’entrée de l’hôpital. Ils arrivent en voiture, en ambulance, à moto, en charrette. Blessés par le séisme, ils ont parfois mis plusieurs jours pour rejoindre l’hôpital de Bantul, l’un des plus sollicités depuis le séisme, dans cette zone détruite à 80%. « La rumeur courait qu’il n’y avait plus de place alors on attendait dans notre village » raconte une femme d’une quarantaine d’années qui vient d’être opérée d’une fracture au bras. Cinq jours après la catastrophe, l’hôpital ne désemplit pas. Comment loger tout le monde ? C’est le casse-tête que tente de résoudre, au jour le jour, le service des admissions. La cour d’entrée est envahie de lits accueillant les blessés et leur famille.
Texte: Stéphanie Senet Journaliste
Des villages entiers défigurés....
Une vingtaine de kilomètres plus loin, le village de Srihardono fait pâle figure. Tout s’est écroulé. Plongés dans le silence, une poignée d’habitants déambulent au milieu des décombres, en état de choc. « Le matin du séisme, j’étais en train de boire du thé » raconte à voix basse Tardini, debout devant le tas de briques qui fut sa maison. « Mon fils prenait sa douche. Lorsque j’ai senti la secousse, nous sommes immédiatement sortis et nous avons couru jusqu’à l’entrée du village pour nous éloigner des maisons. Certains ont pris la route pour rejoindre des proches mais nous sommes encore très nombreux à rester ici, même si l’on n’a plus de toit pour dormir. Si le séisme s’était produit la nuit, il y aurait eu beaucoup plus de morts ».
Texte: Stéphanie Senet Journaliste
Reportage photos réalisé au Nicaragua.
Médecins du Monde assure la prise en charge médicale de ces victimes et sensibilise les populations. Parallèlement, l’association a développé, en partenariat avec des acteurs nationaux, un réseau permettant d’assurer le suivi judiciaire et social des femmes victimes de violences. Le réseau s’est doté du Caimca, un centre de prise en charge intégrale de la femme caribéenne. Cette prise en charge globale contribue à rétablir les structures de santé dans leur rôle d’institution de contrôle social, dont la présence est nécessaire pour limiter le développement de la violence La construction de ce réseau permet également de relayer le message, via les médias traditionnels, des actions de lobbying, le recrutement et la formation de bénévoles (femmes relais, juges, etc.).
Karla, 12 ans, du village miskito de Krukira violé et mise enceinte par son père.
« Mon père abusait de moi quand ma mère travaillait sur les marchés. Je n’osais rien dire car il disait que tous les pères faisaient ça et qu’il me tuerait si je parlais. J’avais peur car il battait ma mère et lui volait tout l’argent pour boire et se droguer. Quand ma grand-mère s’est aperçue de ma grossesse, j’ai d’abord nié mais elle m’a forcée à avouer et m’a amenée à la police pour porter plainte. Ils m’ont dit de me rendre au centre d’accueil. Là-bas, j’ai compris que je n’étais pas seule et que j’avais des droits. Puis, c’était bien, car je pouvais regarder la télé tous les jours ! Depuis, comme mon père s’est enfui au Honduras, j’ai pu quitter l’auberge du centre. Je vis dans le village de ma mère pour m’occuper de mes sept petits frères. J’ai hâte maintenant de retrouver l’école et mes amis à Puerto Cabezas. Ma vie reste là-bas et j’ai tellement de projets pour l’avenir ! »
Texte: Guillaume Plassais Journaliste